La Marine relâche son emprise à Brest

Brest. Penfeld

La Marine relâche son emprise

Et si le rêve des Brestois devenait réalité ? La Marine a commencé à se désengager de la Penfeld. Le préfet maritime est sur le point de boucler la réorganisation de la base navale, avec une «grosse annonce» à la clé. C'est le grand chantier de la base navale. Recentrer ses activités dans le secteur de la Pointe et de Laninon. Cette réorganisation de l'activité vers la partie ouest de la base entraîne de facto l'abandon d'un certain nombre de bâtiments situés autour de la rivière Penfeld. Le préfet maritime avait annoncé la couleur, lors de ses voeux de début d'année : « Nous travaillons à une réorganisation de la base militaire à Brest, c'est un énorme chantier ». Attendu dans les prochains jours au ministère pour dévoiler le nouvel usage de l'emprise militaire brestoise, le quatre étoiles Emmanuel de Oliveira réserve pour le moment son annonce. En réalité, le processus a déjà démarré, depuis la cession du plateau des Capucins, bientôt relié au bas de Siam par le téléphérique. Au fil des années, l'activité militaire des rives de la Penfeld n'a cessé de diminuer. Le but de ce grand chantier est de concentrer les moyens et les personnels. En période de vaches maigres, la Marine espère ainsi optimiser son potentiel et se rapprocher de DCNS, son partenaire industriel privilégié, qui s'est déjà nettement recentré dans le secteur de la Pointe, à l'ouest de l'embouchure de la Penfeld. Cette concentration des activités de la base navale s'impose aujourd'hui, pour des raisons pratiques et budgétaires. Mais jusqu'où la Marine abandonnera-t-elle les rives de la Penfeld ?

 En amont du pont de Recouvrance

Jusqu'au bâtiment C10 que rétrocède actuellement DCNS à la Marine, ou un peu plus bas, vers le château ? Si l'on imagine difficilement la Marine renoncer à l'entrée de la Penfeld, à proximité immédiate du château, jusqu'à la résidence de l'amiral, on se doute que cette réorganisation impactera de manière significative les rives de la Penfeld, en amont du pont de Recouvrance. Le joyau historique et paysager que réclament à cor et à cri les Brestois pourrait, à terme, retomber dans l'escarcelle de la collectivité. Une éventualité que la Marine n'a cessé de réfuter, sans sourciller, ces dix dernières années. Mais le processus est bel et bien engagé. Le verrou a sauté.

 

En complément Élévateur : abandon du projet au Salou

Le projet de zone de réparation navale en fond de Penfeld est abandonné. L'élévateur à bateau attendu par les professionnels serait mieux positionné, d'après leur analyse finale, au cinquième bassin nord (môle). La Région est prête à financer l'outil à hauteur de 70 % (au côté du conseil départemental). Trop compliqué de faire tourner un chantier naval en fond de Penfeld ! Les pros de la navale brestoise ont tranché. Trop de ponts à franchir (deux flottants, deux aériens) et une ligne de téléphérique pour corser le tout. Les grands espaces disponibles du Salou étaient alléchants mais trop compliqués à valoriser et à remettre aux normes. Les accès, la traversée de la ville pour les approvisionnements terrestres, la vétusté des quais... Les professionnels de l'Union maritime de Brest et de sa région (UMBR) préfèrent le cinquième bassin du port de commerce. « Parmi les trois sites sélectionnés (avec celui du Salou), c'est celui qui tient la préférence des professionnels », confirme Gérard Lahellec, vice-président à la Région. « Nous devons préserver l'équité des ports qui possèdent un élévateur à l'échelle du territoire breton », commente l'élu. Lorient et Concarneau disposent déjà d'un élévateur. Pas question de financer à 100 % un équipement estimé à 14 M€, en incluant les aménagements de l'aire de travail. « Nous espérons faire participer les usagers et le concessionnaire jusqu'à 30 % de cet investissement ».

Vital pour continuer à Brest

« Nous sommes d'accord sur le principe, à condition d'investir dans nos outils propres, comme dans une cabine de peinture et des hangars fermés, précise Louis Mauffret, pour le Chantier du Guip. Sans cet élévateur, bon nombre d'entreprises brestoises devront aller travailler ailleurs. Cet équipement capable de hisser des navires pesant jusqu'à 650 t est vital pour la navale brestoise ».

© Le Télégramme - 03-07-2015

Brest

Date de dernière mise à jour : 02/05/2016